BIPOL COLMAR

Groupe d'aide aux personnes atteintes de troubles bipolaires


NEWS 2006


Conseils de psychologue - Je n'accepte pas d'être bipolaire

Marie, 26 ans :
« J'ai été diagnostiquée bipolaire. J'ai encore du mal à accepter la maladie, je deviens un être aigri et soupçonneux. Pour quelques miettes d'affection, quelques compliments, je vendrais, semble-t-il, mon âme et mon corps... Je me relève lentement, mon estime de moi étant plus que jamais au niveau zéro. Je suis à la recherche de petits remèdes plutôt que de LA solution car je sais qu'elle n'existe pas de manière isolée. »


La réponse de Christophe André, psychiatre et psychothérapeute :
« Effectivement, LA solution unique à nos souffrances psychologiques n'existe pas. Le plus souvent, nous arrivons à nous en sortir par de multiples petits efforts ajoutés les uns aux autres : comme les brins d'une corde qui nous sort du gouffre, chaque brin est trop fragile pour nous tirer, mais associés les uns aux autres, ça marche.
La maladie bipolaire dont vous souffrez (alternance d'états de dépression et d'exaltation) est liée à une fragilité biologique des mécanismes de « régulation de l'humeur » (qui font qu'on ne sombre pas dans la dépression lorsqu'on échoue, ou dans l'euphorie systématique lorsqu'on réussit). Elle nécessite souvent un traitement médicamenteux. Et elle affecte presque toujours l'estime de soi : on ne se sent pas maître de ses mouvements émotionnels ; on se met en situation difficile qu'il faut ensuite rattraper ; on vit parfois mal le fait d'être fragile, etc.
Vous décrivez très bien les problèmes liés chez vous à la mésestime de soi : perfectionnisme protecteur, difficultés relationnelles par excès de méfiance ou de dépendance...
Travailler sur cela en psychothérapie serait une bonne idée, effectivement. Cela vous aiderait non seulement sur le plan du rapport à vous-même et aux autres, mais aussi, probablement, sur le plan de votre maladie bipolaire. On a montré qu'améliorer ses équilibres de vie et son bien-être intérieur avait un effet très favorable sur son évolution. Le yoga ou la méditation vous aideront dans la régulation de vos émotions, la thérapie comportementale (notamment par affirmation de soi) vous permettra de mieux trouver votre place au milieu des autres.
Vous allez voir, c'est aidant et passionnant ! »

Source : DNA du mercredi 1er et L'Alsace du dimanche 5 novembre 2006 / www.psychologies.com


Conférence : Les troubles mentaux

Le CCAS de la Ville de Wintzenheim avec le concours des différents partenaires, propose une conférence dans le cadre de la campagne de lutte contre la stigmatisation des troubles mentaux. Cette campagne vise à expliquer ce que sont et ne sont pas les troubles mentaux. Ils sont fréquents, plus qu'on le croit, mais pas toujours très graves. Ce qui est grave, ce sont les préjugés qui conduisent beaucoup de personnes à penser qu'ils savent ce qu'est un trouble mental. En fait la plupart des gens ignorent ce que c'est vraiment, tout en croyant savoir. Cette méconnaissance amène à des retards de diagnostic, à culpabiliser inutilement les malades et leur famille et cela aggrave souvent l'évolution de la maladie. Après une première partie qui expliquera les connaissances scientifiques modernes sur les troubles mentaux, un débat sera ouvert avec le public, avec la participation du Dr Metzger, psychiatre au centre hospitalier de Colmar et des représentants des associations régionales concernées par certains de ces troubles mentaux à savoir Argos 2001, l'Unafam, Schizo Espoir et Autisme Alsace.

Y aller

Mercredi 31 mai 2006 à 19h, salle Laurentia à Wintzenheim (71 rue du Mal Joffre)

Source : L'Alsace du dimanche 21 mai 2006


Suivis individuellement par un psychiatre, les malades atteints de troubles bipolaires (maniaco-dépressifs) peuvent aussi bénéficier de l'expérience des autres malades lors des groupes de parole (photo Hervé Kielwasser)

Santé - Pas toujours agréable, mais salutaire

Parler de sa maladie, c'est la revivre, mais aussi apprendre à mieux la supporter. Ce que ressentent les malades atteints de troubles bipolaires lors des groupes de paroles, à Pasteur.

« Ce n'est pas toujours très agréable d'y aller, car le fait de reparler de la maladie ou d'entendre les autres en parler, ça me la fait revivre. Moi, j'aime aller de l'avant, je ne m'appesantis pas, car ça me fait basculer en arrière », estime Véronique*. Atteinte de troubles bipolaires (maniaco-dépressifs), la jeune femme participe aux groupes de paroles mis en place pour les patients atteints de ces troubles et pour leur famille par le Dr Jean-Yves Metzger, à l'hôpital Pasteur. Le chef du service de psychiatrie de l'établissement hospitalier a lancé cette initiative il y a un an, animée depuis janvier 2006 par un spécialiste sur un thème précis. La trentaine de personnes qui y participe — patients, familles, médecins- découvre des diapositives et des textes sur le sujet abordé (troubles bipolaires, manies et états mixtes, dépression bipolaire…), et peut poser librement des questions.

Ouvrir les yeux

Véronique apprécie ces informations médicales sur des thèmes qu'elle juge bien ciblés : « Je me suis intéressée à la question car j'en souffre moi-même. Mieux on connaît la maladie, plus facilement on peut pallier ses effets négatifs. » En plus de fournir de l'information, ces groupes ont pour but d'apporter du soutien aux malades : « Souvent, en psychiatrie, les malades ont le sentiment d'être seuls et leur famille se sent démunie face aux difficultés liées à la maladie. » « C'est un bon système pour ceux qui sont accablés, car c'est très bien d'entendre des choses qu'on n'a encore jamais entendues. C'est une sorte de catalyseur, qui aide à ouvrir les yeux. C'est mieux que de rester seule dans son coin », estime Véronique. Le Dr Metzger souhaiterait aussi qu'ils permettent à certains des patients d'aider ceux qui entrent dans la maladie, car « souvent, il y a un long parcours avant la prise de conscience du mal, au point que certains malades cessent leur traitement. »

Utile car écoutée

Assister les autres, Véronique se sent toute prête à le faire… s'ils se laissent faire : « Je me sens utile au sein du groupe si je vois que je suis écoutée. Mais parfois, on a beau faire partager son expérience, certains n'écoutent pas. » Pour elle, ces moments sont riches en émotions, forts de son implication personnelle. « Mais je vois bien que certains ne disent rien. Pourquoi ? Sont-ils timides ? Tout le monde ne peut pas parler en groupe, certains n'osent pas forcément se confier à des inconnus. » Si là se situe, selon elle, la limite des groupes de paroles, Véronique ne peut que se réjouir qu'ils existent et regrette qu'il n'y en ait pas eu plus tôt, au début de sa maladie : « Pour les membres de ma famille, ça aurait été bien, car ils sont restés dans l'ignorance », estime celle qui observe une réelle avancée dans la prise en charge et le suivi des malades (notamment quant à l'hygiène de vie à respecter). Tous les malades qui participent à ces groupes sont en effet suivis par un psychiatre.

* Le prénom de la patiente a été changé.

Source : L'Alsace du samedi 25 février 2006


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